TEARS FOR SALE (Director’s Cut) (CARLTON ZA OGNJENKU)
Réalisateur: Uros Stojanovic
Scénariste: Aleksandar Radivojevic, Uros Stojanovic
Musique: Shigeru Umebayashi
Production: Blue Pen
Distribution: EuropaCorp
Pays: Serbie
Année: 2008
Durée: 100 minutes
Festivals: Fantasia ‘10, Tiff ‘08 (version de 86 min)
Acteurs: Katarina Radivojevic, Sonja Kolacaric, Stefan Kapicic, Nenad Jezdic, Olivera Katarina
Non classé
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Critique
Après avoir vu la comédie familiale A SERBIAN FILM, je ressentais le besoin de me taper quelque chose d’un peu plus corsé… Et si l’un des auteurs, Aleksandar Radivojevic, est le même que celui du titre tout juste cité, TEARS FOR SALE, projeté dans le cadre de la sélection “Subversive Serbie”, va dans une toute autre direction.
À mille lieue de l’horreur, la super production serbe raconte l’histoire de deux soeurs, Mala Bojinga (Katarina Radivojevic) et Ognjenka (Sonja Kolacaric) vivant dans un petit village de Serbie au début des années 1930. Leur patelin a connu les horreurs de la guerre et tous les hommes leur ont été enlevés à cause de celle-ci. Gagnant leur vie comme pleureuses lors de funérailles, les soeurs tuent accidentellement l’unique être de sexe masculin, un vieillard alité qui devaient prendre leur virginité. Les femmes du village, furieuses, veulent les punir en les brûlant vives. Rusées et voulant éviter la mort, Mala Bojinga et Ognjenka proposent alors de ramener d’autres hommes.
Ce récit fantaisiste est visuellement fort réussi. L’esthétique proposée par Stojanovic n’est pas sans rappeler l’univers de Jean-Pierre Jeunet. C’est probablement l’un des aspects qui a attiré le producteur Luc Besson puisque le film est distribué par sa compagnie EuropaCorp. Il faut savoir que la version présentée depuis 2008 ne fait que 86 minutes. Les cinéphiles montréalais ont eu droit au montage du réalisateur, version qui compte quatorze minutes supplémentaires. Est-ce mieux? Difficile d’y répondre puisque je n’ai pas vu la version écourtée. Aucune idée de ce qui a été ajouté.
Le récit comporte bien quelques thèmes sombres et emprunte des codes du fantastique (fantômes, sorcière et magie), mais là s’arrêtent les références à cet univers, car TEARS FOR SALE est essentiellement une histoire d’amour sur fond de tragédie. L’ensemble de la distribution est efficace et énergique. Les actrices principales campent à merveille leurs personnages et j’avoue candidement avoir été séduit par la belle Sonja Kolacaric. La trame sonore est composée tantôt de magnifique thèmes et de jolies musiques folkloriques, mais aussi de passages moins inspirés, pompeux et même agaçants. Les effets spéciaux sont beaux et offrent un bel enrobage à une histoire riche en tension sexuelle qui comporte quelques passages inégaux, traînant parfois en longueur.
Malgré le fait que j’ai passé un bon moment en découvrant ce titre, je dois avouer que je m’étais créé des attentes très élevées. Cela a eu pour effet d’atténuer mon enthousiasme à son égard. Compte tenu des autres titres composant le volet consacrés aux films serbes, je m’attendais également à un film plus sombre, mais aussi plus atmosphérique. Reste que TEARS FOR SALE est hautement recommandable pour ceux qui apprécient Jeunet ou même Terry Gilliam.

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