Encore une fois cette année, l’équipe de Fantasia nous présentait SA sélection de courts-métrages internationaux les plus subversifs lors du dernier SMALL GAUGE TRAUMA. La Belgique, le Brésil, le Canada, l’Espagne, les États-Unis, le Japon et le Royaume-Uni étaient tous représentés lors de ce rassemblement réunissant 11 films. Comme le veut la tradition, le mélange des genres était aussi à l’honneur, de sorte que le public présent a pu autant s’esclaffer de rire que grincer des dents!
Dans la catégorie des films plutôt marrants, on a pu voir l’excellent THE NECRONOMICON. Le court canadien nous proposait une infopub traditionnelle destinée à faire vendre l’ouvrage damné. Un petit 2 minutes ironique vraiment tordant, que vous pouvez d’ailleurs visionner ici. EL FIN DEL MUNDO en aura aussi faire rire plus d’un. Le président des États-Unis, Ronald Reagan, s’adresse à la nation et n’a pas de très bonnes nouvelles à annoncer. Sur fond dramatique de Mozart, le collage de style DIY suggère la fin d’un monde comme jamais vous ne l’aurez imaginé. À voir dans son intégralité ici! La deuxième réalisation espagnole de la sélection, LA PIÑATA, arborait un style visuel rappelant l’époque des films muets. Un amuseur public déguisé en mime divertira les passants de façon plutôt douteuse. Deux punchs plutôt qu’un; on adore.
Du côté des courts alliant horreur et humour, on a pu voir BAD MISTAKE du belge Xavier Hibon. Présent lors de la projection, Hibon nous a expliqué que son film a été tourné en deux jours, entre amis. Sophie, fan finie de films d’horreur, se fait enlever en rentrant chez elle après un visionnement chez des amis. Visiblement, il y a erreur sur la personne et cette dernière fera tout pour tenter d’échapper à ses ravisseurs. Si le jeu des acteurs et la réalisation de ce dernier n’étaient pas à leur meilleur, le dénouement de l’intrigue en aura surpris plus d’un, sauvant ainsi les meubles. La réalisation américaine TUB fut également plutôt appréciée. Une séance plutôt banale de masturbation sous la douche donnera naissance, dans le drain du bain, à une progéniture étrange. Fluides visqueux et humour noire étaient au rendez-vous pour le plus grand plaisir des festivaliers. Vous pouvez d’ailleurs visionner la bande-annonce de la production ici.
Du côté des productions inclassables ou tout simplement bizarroïdes, on y retrouvait le court THE TRICK. Un cube rubique géant apparaît dans une rue achalandée et aspire à l’intérieur quiconque ose s’y intéresser de trop près. Bien que la réalisation de ce dernier réussît habillement à créer l’effet de confusion désirée, le résultat final, pour ma part, n’a pas suscité beaucoup d’intérêt. Voyez la bande-annonce ici. L’autre curiosité au programme était DEMIURGE EMESIS, un superbe 2 minutes tout en stop-motion narré par nul autre que Danny Elfman, accompagné sur trame sonore par Rasputina. Réalisé par Aurelio Volaire, un chat mutant et momifié se retrouve hanté par ses anciens repas. Mystérieux et envoûtant, comme à l’habitude!
Étrangement, c’est l’un des courts les plus attendu que j’aurai le moins apprécié. Réalisé par un québécois (Alex Paille) au Japon, scénarisé et co-produit par le très respecté Sion Sono (LOVE EXPOSURE, SUICIDE CLUB) et avec Yoshiro Nishimura (TOKYO GORE POLICE) aux commandes des effets spéciaux et de la direction artistique, on s’attendait à gros de KARMA. Mi-thriller, mi-horreur, le film raconte l’histoire d’un tueur yakuza réputé pris dans une roue de vengeance sans fin. Visiblement, le scénario aux multiples rebondissements des plus improbables ne m’aura pas vraiment séduit, malgré quelques scènes violentes bien corsées. Vous pouvez visionner la bande-annonce ici.

C’est finalement avec les courts d’horreur que je me serai le plus régalé. Alex Horwitz était de passage pour nous présenter son dernier film, ALICE JACOBS IS DEAD. On suit l’histoire extrêmement touchante d’un scientifique ayant récemment découvert un remède pour sauver l’humanité de la propagation du virus du zombie, qui doit maintenant continuer ses recherches afin de guérir sa femme déjà atteinte du virus. Les performances de l’ensemble de la distribution (à noter, celle d’Adrienne Barbeau) et la réalisation soignée de l’œuvre en auront fait un véritable succès. Voyez la bande-annonce ici.
OFF SEASON se déroulait dans un apocalypse hivernale où un homme et son chien tentent de survivre en squattant les chalets abandonnés. Ils découvriront bien assez tôt qu’ils ne sont pas seuls dans les environs. L’ambiance glauque à souhait de la production m’a rapidement saisit et ne m’a pas laissé une seconde de répit, jusqu’au dénouement final qui m’a littéralement glacé le sang. Mon coup de cœur de la sélection! Finalement, Dennison Ramalho (LOVE FROM MOTHER ONLY), était aussi de passage pour y présenter NINJAS. Un policier en service dans les bidonvilles brésiliens tue accidentellement un jeune garçon. Si ce dernier se retrouve peu de temps après hanté par sa victime, ce sera le moindre de ses soucis puisqu’il devra affronter une situation qui le catapultera dans un enfer beaucoup plus grand. Ce court, extrêmement efficace, tant au niveau de sa réalisation que des visuels hallucinatoires et hallucinants, fut parmi les mieux reçus de la sélection. Certaines scènes resteront à jamais gravées dans ma mémoire, dont une scène de torture, pourtant toute simple, qui m’aura fait grincer des dents pendant près d’une bonne minute!

Bref, une cuvée extrêmement satisfaisante encore pour l’édition 2010! L’événement demeure un incontournable quant à l’originalité et la diversité de la sélection qu’il propose.