Le retour de Vitesse Lumière

Après un dixième anniversaire gargantuesque en 2008, l’organisation du festival Vitesse Lumière avait décidé de prendre une pause (bien méritée) l’année suivante. Mais cet événement incontournable de Québec consacré au cinéma de science-fiction et de fantastique québécois était de retour cette année plus en forme que jamais. Comme j’y étais présent pour y projeter un de mes films, permettez-moi de vous faire un bref compte rendu de ma délicieuse fin de semaine.

Le tout a débuté le jeudi 10 juin. Malheureusement, comme j’ai un loyer à payer et une bouche à nourrir (c’est-à-dire la mienne), je travaillais cette journée-là, ce qui ne m’a pas permis d’assister à la soirée d’ouverture.  Celle-ci débutait par un 5 à 7 consacré à l’animation, suivi à 20h par le fameux Cabaret TRASH du Festival SPASM et se terminait par un spécial SEXXX à 22h. Cette dernière projection, présenté par DJ XL5 et Izabel Grondin (aussi chroniqueuse du “Nanar de l’au-delà” sur Sinistre Blogzine), était constitué d’un montage d’archives sur la représentation de la sexualité dans le cinéma québécois. Vous saisissez maintenant l’ampleur de ma déception de ne pas pouvoir être présent.

Peu importe, je quittai plus tôt mon travail le lendemain et sautai dans l’autobus en direction de notre belle capitale pour assister à la projection de la sélection officielle présentée le vendredi et samedi soir. Pour le premier programme, les spectateurs ont eu droit à 3 films de science-fiction, dont un particulièrement impressionnant visuellement, RADICAL, RIFFLE, ICON de Ramiro Bélanger. Ce film mêlant un esthétisme de jeu vidéo à une profonde réflexion sur les états d’âme d’un personnage de fiction qui souhaiterait prendre le contrôle de sa vie, a reçu une mention spéciale pour l’audace. Si j’ai personnellement trouvé le film un peu long (15 minutes tout de même), il méritait définitivement ce prix.

Évidemment, comme le festival avait pour thématique les loups-garous et les vampires, nous avons eu droit à deux films sur les suceurs de sang (ou plus précisément dans le cas présent, des suceuses de sang). Il y avait bien sûr mon court métrage que j’ai co-réalisé avec Marie-Josée Sévigny, LA MÉLODIE DE LA TERREUR. Une comédie musicale décrivant un violent duel au katana entre une vampire venu de l’espace et une Terminatrix. Fait intéressant, nous n’étions pas les seuls à être influencés par tonton Cameron, puisque Pierre Ayotte avec son MASSACRATOR avait également un Terminator (aux cheveux longs!) comme personnage principal, mais cette fois-ci confronté à une autre légende: Elvis, le roi du rock n’ roll!

Le second film à traiter de vampirisme, ALEXA de Patrick Péris, abordait le genre d’une tout autre manière, son personnage principal étant rien de moins que diabétique. Cela peut être plutôt embêtant lorsqu’on se nourrit de sang humain. Le tout était monté sous la forme d’une fausse bande-annonce. Un candidat idéal donc pour la prochaine édition du TRAILER de Carnior.

Vous connaissez le film C’est ça qui arrive quand on boit de l’antigel, ce court qui nous rappelait les meilleurs moments de Street Trash de Jim Muro? Et bien son réalisateur, David Charbonneau, ne change pas la recette avec son nouveau court métrage, INFERNAL GLUTTONY, A LOVE STORY. Un lieu, un personnage, mais cette fois-ci, ce dernier au lieu de fondre se mange lui-même ou s’auto-cannibalise, si vous préférez. Le film a sans surprise remporté le prix Météor des meilleurs effets spéciaux. Qui a dit qu’il fallait une histoire pour faire un film?

Un autre film marquant de la soirée fut celui d’Izabel Grondin intitulé FANTASME. À ma grande surprise (et celle d’Izabel apparemment), ce film flirtant avec des thématiques similaires au Dead Ringers de Cronenberg a remporté le prix Météor du meilleur film. Difficile de détrôner la reine de l’horreur québécois.

Mon coup de coeur de cette première soirée va définitivement à POGO ET SES AMIS de François Guay. Ce film d’animation qui roule sa bosse dans les festivals depuis 2008 met en scène de célèbres tueurs en série, comme Ed Gein ou John Wayne Gacy. Ce qui est vraiment marrant, c’est que le film est présenté sous la forme d’une émission pour enfants diffusée le samedi matin. Le film a remporté le prix du public de cette première soirée de projection.

Bon, moi qui disait en introduction que j’allais vous faire un bref compte-rendu du festival, je suis en train de m’éterniser. Alors, je ne vous parlerai pas de la soirée qui s’est terminée au Temps Partiel ni des très intéressants ateliers (malgré ma gueule de bois) portant sur les droits d’auteurs et la stéréoscopie qui ont eu lieu le lendemain. Sautons immédiatement à la soirée du samedi.

Mes deux coups de coeur de la soirée vont définitivement aux films CHARGÉ de Samuel Matteau et CURIOSITÉ MAUDITE de Raphael Hébert. Basé sur un concept original s’inspirant du jeu vidéo, le premier film a su exploiter son idée de façon très simple, mais très efficace, se terminant dans le rire et la bonne humeur. Même chose pour le second, mais le tour de force de ce dernier se trouve définitivement au sein de ses dialogues d’une absurdité et d’une justesse indéniable. Un pur bijou scénaristique  lauréat du prix Météor de la meilleure intrigue.

Passons rapidement sur LOVE & BOLTS de Normand Daneau. Un beau, mais aussi étrange film d’amour entre un éleveur de porc et une propriétaire d’un Pet Shop. Si le film est magnifique dans sa composition et au niveau du  jeu des acteurs, je dois avouer que sa conclusion m’a plutôt laissé perplexe.

Les deux autres méritants de la soirée ont été LA LÉGENDE D’ATSUKO d’Igor Simonnet, un manga live lauréat du prix Météor Délire Visuel et NELLY & LIO de Éric Reynald et Étienne Langlois, lauréat du prix Météor Originalité ou plutôt “orignalité”, puisque le film met en scène deux fumeuses de pot, un tueur en série et un orignal doué de la parole!

crédit photo: Jean-François Gravel

Finalement, le prix du public de cette seconde soirée a été remis à SATURATION de Sébastien Brisson et Hugo Pothier. Si ce dernier court a réussi à donner la chienne aux spectateurs, son concept de faux documentaire à la Blair Witch Project (ou plus récemment Paranormal Activity) sentait un tout petit peu le réchauffé. De plus, la projection plutôt sombre des deux soirées (un détail technique qu’il serait intéressant d’améliorer pour les prochaines éditions), a particulièrement nui à la lisibilité de ce film. SATURATION est par ailleurs disponible ici-même sur SB!

Mon emploi du temps ne m’a malheureusement pas permis d’assister à la projection du dimanche, consacré à des Kinö tournés en 48h pour l’événement. Souhaitons que ces derniers fassent le circuit des autres festivals pour que nous puissions y jeter un oeil.

En terminant, une question. Êtes-vous plus vampires ou loup-garous?

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