THE CRAZIES (LES DÉTRAQUÉS)
Réalisateur: Breck Eisner
Scénariste: Scott Kosar, Ray Wright. Basé sur l’oeuvre de George A. Romero
Musique: Mark Isahm
Production: Overture Films
Distribution: Alliance Vivafilm
Pays: États-Unis
Année: 2010
Date de sortie en salle: 26/02/2010
Durée: 101 minutes
Festivals: -
Acteurs: Timothy Olyphant, Radha Mitchell, Danielle Pannabaker
Violence
Horreur
Critique
À une période où l’on nous remâche bon nombre de films d’horreur (et autres), nous sommes en droit de légitimer la pertinence d’une telle pratique. Croyez-moi, nous pourrions en discuter longuement. D’ailleurs, si vous êtes de nos fidèles lecteurs, vous devriez avoir une bonne idée de ce que j’en pense. Autrement, si le coeur vous en dit, je vous invite à lire ceci. Bref, si j’ai décidé de donner une chance à THE CRAZIES et de prendre la peine de le voir en salle, c’est d’abord parce qu’il ne s’agit pas d’un remake produit par Platinum Dunes. C’est aussi parce que j’ai été amadoué par les bandes-annonces. En somme, il s’agit du premier remake qui m’interpelle vraiment depuis fort longtemps. Alors, est-ce que ce nouveau THE CRAZIES réussit à se démarquer?
La reprise du réalisateur Breck Eisner relate essentiellement la même histoire que celle de Romero. Dans une petite ville agricole de l’Iowa, quelques membres de la communauté commencent à agir étrangement et violemment. Ce qui semble n’être qu’un ou deux cas isolés prend rapidement des proportions épidémiques. Le Shérif David Dutton (Timothy Oliphant) tentera de rétablir un peu d’ordre, mais se rendra compte que la situation est hors de contrôle. C’est lorsqu’il verra l’armée débarquer dans son patelin qu’il réalisera que le problème ne font que commencer. David, sa femme Judy (Radha Mitchell), son collègue Russell (Joe Anderson) et une jeune femme nommé Becca (Danielle Panabaker) tenteront de survivre aux inquiétants villageois déchaînés ainsi qu’aux soldats sans scrupules.
Le scénario de THE CRAZIES est signé par deux habitués du genre. D’abord Scott Kosar, auteur de deux remakes (THE TEXAS CHAINSAW MASSCARE, THE AMITYVILLE HORROR) mais aussi l’auteur de l’excellent THE MACHINIST. Ensuite, Ray Wright, qui a travaillé avec Wes Craven sur PULSE et qui a écrit le scénario CASE 39 de Christian Alvart. Fidèles aux grandes lignes de la version de 1973, Kosar et Wright ont tout de même choisis de centrer le récit autour des quatre principaux survivants. La relation entre David et Judy (et le fait qu’ils attendent un enfant) prend ici une plus grande importance dramatique. Le commentaire social de Romero devient alors un prétexte à une série de situations propices au suspense, particulièrement lors du dernier tiers.
En plus de profiter d’équipements modernes, Breck Eisner a l’avantage de jouir de moyens financiers beaucoup plus importants que ceux de Romero à l’époque. Sa réalisation est sans grande surprise beaucoup plus léchée et visuellement attrayante. De plus, la nouvelle mouture, moins chaotique, nous offre une solide mise en situation. Eisner prend bien son temps afin d’instaurer un effet de tension grandissant. Il se permet tout de même quelques scènes faisant directement référence à l’oeuvre originale. La première moitié du film est à mon avis d’une efficacité surprenante. On sera étonné de constater que toutes les scènes de stratégies militaires de la version de 1973 ont été mises de côté. Les détraqués du film de Esiner sont bien plus près du zombie avec leurs yeux dilatés, leurs visages transformés et leurs grognements enragés. Parlant de zombies, la musique du pourtant très expérimenté Mark Isham est beaucoup trop évocatrice de 28 DAYS LATER. Comme quoi ce titre aura profondément marqué le paysage cinématographique. Il faudrait cependant cesser de vouloir refaire la même bande sonore à chaque production similaire.

Malgré quelques scènes horrifiques satisfaisantes tout au long du film, la seconde partie prend des allures de thriller hollywoodien bourrés de moments prévisibles et de clichés vus trop souvent. Les protagonistes réussissent à se sortir de beaucoup trop de situations périlleuses. Ces situations finissent par prendre des proportions plutôt exagérées. La finale, qui conserve un certain côté pessimiste, nous propose un dénouement spectaculaire qui risque d’en faire décrocher plus d’un. Le fait que j’ai fini par m’attarder aux fréquents changement de longueur de moustache du Shérif incarné par Oliphant dans plusieurs scènes (un effet secondaire du Trixie?), n’est pas uniquement relié à mon habile sens de l’observation. C’est que, personnellement, j’ai fini par me lasser.
À la question posée plus haut, est-ce que THE CRAZIES réussit à se démarquer? Je dirais oui…et non. Oui, parce qu’il a bien plus d’âme que la majorité des récents remakes et qu’il prend une excellente direction au départ. Par contre, malgré sa solide première heure, le film finit par prendre une tournure de suspense conventionnel parmi tant d’autres, peu importe qu’il s’agisse d’un remake ou pas.
THE CRAZIES (2010) obtient la sinsitre cote de
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