Critique: The Box

Réalisateur: Richard Kelly
Scénariste: Richard Kelly
Musique: Win Butler, Régine Chassagne, Owen Pallett
Production: Darko Entertainment
Distribution: Warner Home Video
Pays: États-Unis
Année: 2009
Date de sortie Blu-Ray/DVD: 23 février 2010
Durée: 115 minutes

Festivals: Lund Fantastik Film Festival, Night Visions Film Festival

Acteurs: Cameron Diaz, James Marsden, Frank Langella

Déconseillé aux jeunes enfants

Site officiel

Critique

Lorsque Richard Kelly a réalisé DONNIE DARKO en 2001, son film s’est vu attribuer le statut de film culte quasi instantanément. Cinq années plus tard, Kelly reviendra à la charge avec son ambitieux SOUTHLAND TALES. Une science-fiction au scénario chargé, complexe et flou. Empruntant visuellement à trop de films marquants, sa deuxième réalisation m’est apparue comme une oeuvre prétentieuse et imbuvable. C’est donc avec beaucoup moins d’attentes et d’avantage de prudence que j’ai abordé son plus récent film, THE BOX.

Basé sur une nouvelle intitulée Button, Button de Richard Matheson (I Am Legend), Kelly nous raconte l’étrange histoire d’un couple (Cameron Diaz et James Marsden) qui, par un matin de 1976, reçoit au seuil de sa porte un mystérieux colis. À l’intérieur se trouve un boîte munie d’un bouton rouge au centre. Plus tard  dans la même journée, un homme se présente chez les Lewis. En ouvrant la porte, Norma fera la rencontre d’un type défiguré nommé Arlington Steward (Frank Langella). Il lui expliquera alors le fonctionnement de la fameuse boîte et, tout en lui remettant la clé, lui fera une offre alléchante aux conséquences macabres. Advenant que Norma ou son époux décide d’appuyer sur le bouton de la boîte, Arlington leur offrira 1 million de dollars. Par conséquent, une personne sera tuée.

Cette nouvelle, parue dans un numéro du magazine Playboy dans les années 70 et adaptée pour la télévision en 1986 pour la série THE TWILIGHT ZONE, aurait pu  être ici transposée à notre époque. Kelly a préféré rester fidèle à la décennie du récit. Il s’amuse alors à reproduire la période 70 comme il avait choisi les années 80 pour son DONNIE DARKO. Il est d’ailleurs intéressant d’établir plusieurs relations entre son film culte et THE BOX. La fable morale à saveur hitchockienne de Matheson est déjà une base solide en soi. Adaptant cette nouvelle, Kelly a décidé d’y ajouter certaines thématiques explorées dans DARKO. Il parsème également son scénario de détails  ésotériques plus ou moins importants en bout de ligne. Il revient, une fois de plus, à des réflexions métaphysiques. Il s’embourbe malheureusement dans cette avenue comme il l’avait fait avec SOUTHLAND TALES. Aussi, lors de l’introduction des personnages, le réalisateur nous présente une scène se déroulant en classe. Norma, qui y enseigne la littérature, se fera narguer par un élève perturbateur au comportement bizarre. L’allusion à DARKO y est, à mon sens, flagrante. Le désir de vouloir tenter de satisfaire les fans de la première heure se fait peut-être  un peu trop sentir.

Là où THE BOX réussit, c’est surtout à travers son suspense. Toutes les scènes étranges dans lesquelles le couple peut se retrouver sont franchement réussies. L’ambiance de paranoïa qui y règne est véritablement bien rendue. Certaines scènes rappellent Lynch à son meilleur. On y retrouve également un je-ne-sais-quoi du INVASION OF THE BODY SNACTHERS de Philip Kaufman. Le suspense soutenu nous fait oublier le jeu très moyen de Cameron Diaz. Il est amusant de constater qu’elle oublie par endroit de déclamer son texte avec un accent du sud très prononcé durant les premières minutes du film. Elle n’est pas non plus la plus convaincante des mères de famille que j’ai pu voir  à l’écran. C’est le personnage interprété par Frank Langella qui demeure le plus intéressant. C’est également lui qui offre la performance la plus satisfaisante. La trame sonore est signée par deux membres du célèbre groupe montréalais Arcade Fire et du violoniste Owen Pallett (Final Fantasy). Le résultat est inégal et c’est, selon moi, dû au manque de cohésion dans le choix des arrangements. Certains passages musicaux, plus inspirés, ressortent du lot.

En résumé, THE BOX est un habile thriller duquel on aurait pu retirer aisément le superflu métaphysique. Personnellement, en tant que spectateur, je ne cherchais pas tant à avoir ce genre d’explications. Je me serais contenté d’être pris par la suite des événements bizarres du long métrage. Une production qui ne plaira certes pas à tous, mais qui a réussi à me divertir sur certains aspects. J’attire votre attention sur la bande-annonce qui suit. Vous remarquerez que la musique à la toute fin est celle d’une populaire série de films d’horreur. Rien à voir avec ce film…

THE BOX obtient la sinistre cote de

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3 réponses à “Critique: The Box”

  1. Ivan says:

    Je suis assez d’accord avec toi quand tu dis :”En résumé, THE BOX est un habile thriller duquel on aurait pu retirer aisément le superflu métaphysique.”

    Il y a en effet plus généralement, un symptome qui touche beaucoup trop de film américain grand public, j’ai nommé le symptome “du film pour adulte”.
    Le principe est simple, à la fin du film je vais t’en foutre plein la gueule !

    Et ce film n’échappe malheureusement pas à la règle, alors que la première moitié du film est vraiment excellente, l’autre moitié gâche notre plaisir ; explications métaphysique noyant le poisson, effets spéciaux inutiles, scènes abracadabrantesque, le récit ne tient tellement plus la route que les acteurs sont obligés de surjouer et j’en passe.

    Et le plus rageant dans tous cela, c’est qu’il n’était pas très difficile de bien finir le film, il aurait fallu laisser une part de mystère, d’inexpliqué ( comme lynch sait le faire ) et surtout faire preuve de finesse.

  2. j’ai trouvé le film assez particulier, voir même bizarre. je m’étais rendu compte du lien avec donnie darko. on était habitué de voir cameron diaz dans la comédie, mais dans ce film, elle met son talent d’actrice (enfin). un bon film que je vais devoir revoir une seconde fois pour établir certains liens que j’ai eu du mal comprendre.

  3. Marc Boisclair says:

    Ahhh j’ai beaucoup moins aimé que vous… j’avais tellement hâte que ça se termine ;)

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