Réalisateur: George A. Romero
Scénariste: Paul McCollough, George A. Romero
Musique: Bruce Roberts
Production: Pittsburgh Films
Distribution: Blue Underground (DVD et Blu-Ray)
Pays: États-Unis
Année: 1973
Date de sortie DVD: 2003 (DVD) 2010 (Blu-Ray)
Durée: 103 minutes
Festivals: –
Acteurs: W.G. McMillan, Lane Carroll, Harold Wayne Jones, Lloyd Hollar, Lynn Lowry
Critique
À l’approche de la sortie du remake du film portant le même titre, je me suis replongé dans l’oeuvre originale. D’abord pour me rafraîchir la mémoire, mais également pour mieux comparer THE CRAZIES à sa vision contemporaine qui paraîtra sur nos écrans la semaine prochaine.
Le film du maître de l’horreur Romero s’ouvre sur une scène où une petite fille, se préparant à aller au lit, se fait taquiner par son grand frère qui s’amuse à l’effrayer. On aperçoit ensuite leur père dans un état de rage incontrôlable. À observer la réaction des enfants, nous comprenons qu’il n’est pas dans son état normal. La jeune fille, prise de panique ira retrouver sa mère. Elle découvrira celle-ci inanimée dans son lit. Elle aura été tuée par son mari, qui lui finira par mettre feu à la maison.

Quelle est la raison à la source de ces comportements pour le moins violents et étranges? Une arme biologique ayant pour nom de code Trixie testée par les américains. Un accident aura engendré la propagation du virus dans la petite ville d’Evans en Pennsylvanie. Résultat: les résidents semblent avoir des comportements bizarres et des pulsions meurtrières. L’armée débarque, accompagnée de scientifiques pour tenter de résoudre le problème. Il ne faudra pas trop de temps pour que la situation dégénère. Les militaires, sans trop se poser de questions, se mettront à tirer sur tout ce qui bouge. Quelques habitants, non contaminés, tenteront de survivre à cette situation qui prendra des allures de carnage.
Célèbre pour ses films de zombies, Romero ne se sert pas de cette métaphore pour démontrer son propos avec THE CRAZIES. Il dénonce avec pessimisme la barbarie et l’hypocrisie dont le gouvernement américain peut faire preuve en gestion de crise ou en temps de guerre. Il tente également de sensibiliser son public sur les réels dangers des armes biologiques. Sa réalisation est aussi crue et intense que sa dénonciation. Le spectateur devient alors témoin de multiples échanges de coups de feu et de bagarres où la sauvagerie est de mise.Voulant faire ressentir la panique et l’urgence de cette situation hors de contrôle, ces scènes sont abruptement coupées par des discussions entre les divers intervenants à la tête du pays. Romero propose plusieurs scènes gore et quelques moments troublants. Le film est malheureusement habillé d’une musique peu originale. Nous avons droit à d’innombrables passages de roulement de caisse claire qu’on a dû entendre des dizaines et des dizaines de fois dans plusieurs films de guerre. La mise en scène de nombreux personnages se fait avec un trop grand détachement. On ne parvient donc pas à être touché autant qu’on le souhaiterait à l’égard du destin tragique de certains d’entre eux. Enfin, plusieurs des rôles sont surjoués, ce qui rend l’ensemble un peu moins prenant.

Même s’il ne s’agit pas de l’oeuvre la plus accomplie de Romero (je préfère de loin DAWN et DAY), THE CRAZIES demeure à mon avis un des films phares du réalisateur. Ce qui est le plus inquiétant au final, c’est de constater que le commentaire social de Romero est toujours autant d’actualité, presque 40 ans plus tard.
THE CRAZIES (1973) obtient la sinistre cote de
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