Réalisateur: Andrea Bianchi
Scénariste: Piero Regnoli
Musique: Elsio Mancuso, Burt Rexon
Production: Esteban Cinematografica
Distribution: Shriek Show (Media-Blasters)
Pays: Italie
Année: 1981
Durée: 85 minutes
Titre américain: Burial Ground: The Nights Of Terror
Autres titres: Zombie 3
Acteurs:
Critique
LE NOTI DEL TERRORE est l’un des films d’horreur les plus amusant que j’ai eu le plaisir de revoir dernièrement. On ne se la cachera pas, ce film est bien plus un navet qu’une oeuvre terrifiante. Il n’en demeure pas moins qu’il comporte plusieurs éléments tantôt savoureux, absurdes, comique ou gore. Ayant généralement beaucoup de difficulté à visionner un film doublé, je me permets ici une contre-indication en vous encourageant fortement à le regader dans sa version française intitulée LE MANOIR DE LA TERREUR.

Le récit se résume à une situation bien simple. Un professeur découvre une formule ancienne qui ranimera des cadavres dans la crypte adjacente à un immense manoir. Le lendemain, trois couples et un jeune homme (si l’on peut s’exprimer ainsi) débarquent au manoir, suite à une invitation du professeur désireux de partager sa découverte. Ils ne verront pas celui-ci et auront plutôt affaire à une horde de zombies tous vêtus de toges.
Ce qui frappe d’abord et avant tout dans cette production italienne du début des années 80, c’est la pauvreté des dialogues qui font plus souvent sourire qu’autrement. On y retrouve donc des répliques assez jouissives. Par exemple, lors de la mise en situation, le professeur lance au zombie qui l’attaque: “Attendez! Je suis le professeur!” Comme si c’est argument aurait interrompu le monstre dans son élan meurtrier. Cette autre réplique m’a bien fait rigoler. Une des femmes, vêtues d’un corset qu’elle a trouvée dans sa chambre d’invités demande à son conjoint: “Ça t’a plu, mon numéro?” Et lui de répondre: “Oh oui! Tu as l’air d’une putain, et c’est comme ça que tu m’excites!” Je pourrais vous en réciter d’autres, mais aussi bien voir le film.
Prétexte à plusieurs scènes sanglantes et quelques scènes de sexe (dont une incestueuse), LE MANOIR DE LA TERREUR est handicapé d’un montage saccadé par moment et d’un rythme très inégal. Entre vous et moi, c’est aussi ce qui en fait son charme. Du côté sonore, il est notamment amusant de constater que l’effet des coups de feu se font entendre lorsque les têtes de zombies explosentet non pas lorsque l’un des personnages appuie sur la détente de la carabine! L’élément le plus angoissant (et du même coup énervant) est le personnage de Michael interprété par Peter Bark. Ce comédien, étrange croisement entre Michael Berryman et Dario Argento mais au physique frêle, incarne un jeune garçon traversant un intense complexe d’Oedipe. Toutes les apparitions de Michael valent son pesant d’or. Dans la version doublée en français, vous aurez même le plaisir de constater que son timbre de voix change très souvent. On se doute qu’il n’aura pas été doublé par la même personne tout au long du processus.
L’ensemble du casting souffre d’une direction visiblement maladroite. Vous vous amuserez à observer la comédienne Karin Well se mordre les lèvres suite à chacun des ses hurlements de frayeur. Vous serez sur le bord de perdre la raison lorsque vous attendrez que le serviteur parvienne à allumer toutes les bougies d’un chandelier. Du côté scénaristique vous serez sidérez de constater qu’on a choisi de créer des zombies lents, muets, mais fort débrouillards. Ces pauvres créatures affamées seront assez intelligentes pour tenter d’ouvrir les portes du manoir en faisant usage d’un bélier! Autres détails amusants: bien que le titre original, si on le traduit mot à mot, est Les nuits de la terreur, plus de la moitié du film se déroule le jour.
Malgré son côté loufoque (probablement non voulu) se dégage tout de même du MANOIR DE LA TERREUR un certain pessimisme qui se concrétise d’ailleurs dans sa conclusion. Un série B sympa qui mérite cette étiquette à juste titre.
LE NOTTI DEL TERRORE obtient la sinistre cote de
Facteur navet (on s’amuse)