Ils viennent de remporter deux prix à l’édition 2009 du Festival International du Film d’Horreur de Sainte-Maxime en France. D’abord un Prix d’Argent pour la bande-annonce du film BAGMAN, mais aussi un Prix du Public pour la fausse bande-annonce NINJA ELIMINATOR II. Ces deux récompenses s’ajoutent à une liste déjà bien remplie puisque le collectif Roadkill Superstar cummule les succès depuis quelques années.
Avec le BAGMAN, RKSS peut se vanter d’avoir créé le premier slasher mythique de l’histoire du cinéma de genre au Québec. Avec la sortie du premier DVD Horreur du festival SPASM, le court, aussi drôle que gore, est rapidement devenu une recommandation en matière d’horreur d’ici dans les club vidéos. RKSS c’est aussi une panoplie d’autres titres où les références au cinéma de genre et l’humour se côtoient admirablement.
Dans le cadre de notre “13 questions pour…” et en cette période de réjouissances, Sinistre Blogzine se paie une rencontre avec la sympathique bande responsable de ninjas arborant fièrement la moustache et du désormais célèbre tueur au sac de papier sur la tête qui porte peut-être aussi la moustache, mais ça, l’histoire ne le dit pas… pour le moment!

#1
SB – Pour le bénéfice de nos lecteurs, pouvez-vous nous présenter votre collectif et décrire brièvement votre parcours?
Roadkill Superstar – RKSS c’est avant tout un groupe d’amis qui aime déconner, qui partage le même genre d’humour et qui se passionne pour le cinéma de genre. Le collectif a été formé officiellement en 2002 par les trois membres fondateurs: François Simard, Jonathan Prévost et Anouk Whissell. Nous faisions tous déjà chacun de notre côté des films amateurs durant nos passe-temps. Maintenant, nous sommes 4 membres avec Yoann-Karl Whissell qui s’est officiellement joint au groupe peu après le court métrage BAGMAN – PROFESSION: MEURTRIER et dans lequel il jouait le Master Pimp. On a commencé en faisant des films pour le plaisir sans avoir conscience des festivals. Jarrett Mann, du Festival SPASM, nous a finalement repérer avec le film 2 MORTS qui jouait au Glitchfest et on peut dire que c’est à ce moment-là que ça a vraiment débuté. Nos films ont très bien été reçus, on a adoré l’expérience. À chaque année on essaie de se dépasser et on peut voir le progrès qu’on a réalisé à travers nos films. De plus, avec les années, plusieurs collaborateurs qui sont aussi des amis se sont joints à RKSS, ce qui a permis à la qualité de nos réalisations d’augmenter considérablement à chaque nouveaux projets.
Une chose qui est sûre c’est qu’on veut se tailler une place dans l’univers du cinema de genre québecois, ou comme on aime si bien le dire: “Prendre d’assault le cinéma de genre québécois par les couilles”!
#2
SB – Quel a été votre premier contact avec le monde de l’horreur/fantastique/cinéma de genre?
RKSS – On a tous grandi en écoutant des tonnes de films d’horreur très jeunes. Les slashers classiques: Jason, Freddy et cie, en passant aussi par les classiques de science-fiction: Alien, The Thing, La Mouche et même les films de série B à la Troma. Plus tard on a tous connus les marathons de films d’horreur dans le sous-sol familial et finalement on a passé nos étés à Fantasia. Mais ce qui nous a vraiment appris beaucoup et influencé sont les premiers films de Peter Jackson et Sam Raimi. Surtout BRAINDEAD que l’on considère toujours comme le summum du film de genre le plus sanglant, joliement chorégraphié et encore inégalé. C’est aussi le film qui nous a initié à l’importance d’un bon découpage technique.
#3
SB – Vous avez connu non seulement un certain succès, mais également une notoriété avec le court-métrage du BAGMAN. Pensiez-vous que ce dernier aurait eu autant d’impact?
RKSS – Quand nous avons fait le BAGMAN, on espérait surtout que ça fonctionne bien au Festival SPASM. Comme nos précédents films avaient bien fonctionnés et qu’on avait mis le paquet pour celui-là, on était pas mal confiant. Mais on ne voyait pas plus loin que les festivals au Québec. On a été surpris quand le film a commencé son tour du monde et qu’on recevait des demandes de festivals aux États-Unis et dans plusieurs pays d’Europe. On ne revient toujours pas du fait que le film a même été doublé en allemand et distribué en Europe!
On se souvient aussi avoir fait des jokes en pensant que ce serait chouette que le BAGMAN devienne une mascotte pour le cinéma de genre québecois, un peu comme Toxic le Ravageur. Mais on n’aurait jamais pensé que ça puisse arriver pour vrai!

#4
SB – Depuis 3 semaines la bande-annonce de votre projet de long-métrage pour LE BAGMAN est accessible via le web. Où en êtes vous rendu avec ce beau projet que plusieurs fans espèrent?
RKSS – Avec la dernière bande-annonce, on veut montrer ce dont on est capable maintenant, la qualité que l’on peut atteindre et finalement qu’on est plus que prêts à réaliser un long-métrage. Le script est terminé depuis longtemps, mais pour l’instant le projet est sur hold. Ce dont on a besoin c’est du financement, car c’est impossible pour nous de le financer de façon personnelle. D’ailleurs, si vous connaissez un riche monsieur qui serait intéressé à financer un film…
Une chose qui est sûre, c’est que le film va finir par voir le jour. Le long-métrage du BAGMAN est un projet auquel on croit énormément et c’est pas mal notre but principal à atteindre. En attendant, vous pouvez voir la bande-annonce ainsi que plusieurs de nos films su RKSS.tv!
#5
SB – De quelle façon se déroule votre travail d’équipe. Écrivez-vous toujours vos scénarios en groupe? Est-ce que tous ont la plupart du temps les même tâches et responsabilités?
RKSS – La plupart du temps chacun arrive avec ses idées. On les travaillent ensemble, on les modifient et les assemblent de façon à raconter la meilleure histoire possible. Ensuite, on travaille sur les storyboards. François ou Anouk les dessinent. Une technique en dessin animé apporte certains avantages! On aime mieux s’obstiner à la pré-production, sur papier, qu’une fois rendus au tournage. De cette façon tout se passe bien, vite et efficacement. Tout le monde sait ce qui se passe et où on s’en va. Au début sur les tournages chacun touchait à tout. Maintenant qu’on a des techniciens talentueux, chacun est à son poste et ça roule. Mais l’important c’est de se faire du fun!

#6
SB – Parlez-nous un peu de votre expérience avec Lloyd Kaufman et du film POULTRYGEIST. Avez-vous des anecdotes sympa pour SB.com?
RKSS – On a rencontré Lloyd à Salt Lake City où on présentait le Bagman à son festival Tromadance. (Qui en passant à fait un malheur, on a même eu droit à un hymne national saoul de la foule!). Je crois que ça a bien cliqué entre Lloyd et nous alors il nous a invité à travailler sur son film POULTRYGEIST. Au début on travaillait de chez nous. On a fait des storyboards pour les scènes de massacres et certains de nos gags se sont même retrouvés dans le film! Il nous a ensuite invité à venir aider sur les FX et nous a offert un caméo. Étant des grands fans de Troma, c’était vraiment un rêve qui devenait réalité!
Là-bas on dormait dans une vieille église. On a rencontré vraiment pleins de gens sympathiques qui venaient de partout autour du monde. Le lieu de tournage, un restaurant, était un vieux McDo désafecté. Il avait été fermé parce qu’il était un genre de No-Man’s land entre deux territoires de gang à Buffalo et se faisait constamment voler. On avait pas le droit de sortir du parking à cause du danger et quand on revenait à la fin de la journée, pas question de s’égarer en auto dans le coin.
On a aussi eu chaud aux aisselles (mais pas Anouk, parce que les filles ça n’a pas d’aisselles).
#7
SB – Quand on regarde vos hilarantes fausses bandes-annonces (NINJA ELIMINATOR I et II, RED HEAD, RED DEAD) on sent tout l’amour que vous portez aux films cultes et aux séries B. Quand on regarde TOTAL FURY ou LE BAGMAN, on sent tout l’amour que vous portez au cinéma d’horreur et au gore. Qu’est-ce qui vous inspire le plus: le film de série B ou l’horreur?
RKSS – Dure question… Les deux, à leur façon. Et quand t’as une moustache, c’est une valeur sûre!
#8
SB – Lors de la dernière édition du Festival Fantasia, vous avez été invité à titre de membres du jury pour la section des courts métrages internationaux. Que retenez-vous de cette expérience?
RKSS – On fréquentait le festival Fantasia depuis la première année. Devenir jury pour la première fois si tôt et pour Fantasia en plus c’était très flatteur. On a vraiment apprécié l’expérience et la délibération s’est aussi très bien déroulé avec les autres membres. On a profiter au maximum de notre passe de jury et ça nous a même permis de voir INGLOURIOUS BASTERDS en première!
#9
SB – Puisqu’il est omniprésent dans les films de RKSS, l’humour semble très important. Pensez-vous un jour aborder un court ou un long dans un angle plus sérieux?
RKSS – C’est sûr que lorsqu’on travaille avec un budget super limité, faire un film sérieux c’est très tricky. Dans ce cas, le mieux c’est de ne pas se prendre au sérieux et de faire de l’humour et ça tombe bien, car on adore faire de l’humour noir! Mais maintenant, comme avec la publicité qu’on a réalisée pour le dernière édition du Festival Spasm qui est probablement notre film le plus sérieux jusqu’à présent, on voit qu’on serait prêt à le faire. Donc oui, éventuellement. On n’écarte pas la possibilité de faire un projet plus sérieux, tout en gardant bien sûr le style et les éléments qui font de Roadkill ce que c’est.
#10
SB – Qu’est-ce que LES ENFANTS TERRIBLES ?
RKSS – Les Enfants Terribles forment une famille de producteurs de musique, compositeurs, cinéastes, artistes vidéo, photographes, geeks et DJ de Montréal. Nos collaborateurs DBMfilms, Le Matos et Jean-Philippe Bernier en font partis. Ce sont ces derniers qui sont en grosse partie responsables de notre amélioration technique et professionelle depuis les dernières années. On travaille conjointement avec eux sur un futur site web. C’est à surveiller très prochainement!
#11
SB – Côté musical, qu’est-ce qui vous fait tripper en ce moment?
RKSS – En gros, les styles de musique qu’on écoute sont assez variés. Notre playlist est composée de trames sonores, d’électro, de hip hop et de funk! On pourrait dire aussi que 66,6% (haha) de notre playlist est constituée de multiples sous-genres du death metal.
Nos recommandations personnelles du moment:
Frank: DESPISED ICON, THE ACACIA STRAIN et WHITCHAPEL (ou tout ce qui groove et détruit à la fois et qui peut contenir des voix de truie).
Anouk: LE MATOS, THROUGH THE EYES OF THE DEAD, PSYCROPTIC
Yoann: Pop des années 80, FUNKADELIC, DARKEST HOUR (Vive le funk!)
#12
SB – La question qui tue! Fantômes, zombies, vampires ou slashers?
RKSS – On croit qu’on serait mal placé pour ne pas mettre slashers en premier! Ce qui fait peur au sujet des slashers, c’est qu’ils sont réels, en chair et en os et ne sont pas nécessairement des entités surnaturelles. Un psychopathe c’est beaucoup plus épeurant qu’un fantôme. Mais peut-être que si on arrivait face à face à un vampire de toilette… oh… Twilight, là aussi on aurait peur!
#13
SB – Pour conclure, quels sont vos futurs projets?
RKSS – On travaille présentement sur un pilote de dessin animé avec Carnior (ex-Phylactère Cola, Festival Vitesse Lumière) et Simon Lacroix (Total Crap). On aimerait aussi réaliser un projet avec Eddie69 (ex-Phylactère Cola, Tom et ses chums). Ça fait un bout de temps qu’on en parle ensemble et on croit que nos styles sont pas mal compatibles et se complèteraient bien. Sinon, il y a définitivement le long-métrage du BAGMAN lorsqu’on aura enfin la possibilité de le faire. On a aussi des tas d’idées en tête. Des courts comme des longs!! On lâche pas! Merci à Sinistre Blogzine pour l’invitation et Joyeuses Fêtes!
Vous retrouverez les films de Roadkill Superstar sur RKSS.tv
Wouah!
Mr. Sinistre va avoir beaucoup de trucs à surveiller dans les semaines/mois à venir! Ultra-intéressant, j’ai hâte d’en voir davantage ;)
[...] petit moment de votre temps. C’est que (au cas où vous ne seriez au courant) les membres de Roadkill Superstar participent au concours Doritos [...]