En mettant les pieds au Club Soda samedi soir, j’aurai non seulement laissé mon manteau au vestiaire, mais du même coup ma grande classe légendaire, ma dignité et mon sens profond du bon goût, car je savais que toutes ces valeurs qui me sont si chères allaient être rudement mises à l’épreuve.
Le cru 2009 du Cabret Trash faisait très bien l’éloge de l’humour anal, de la violence gratuite, du pas d’classe, du vulgaire, de la stupidité et j’en passe. Comme si ce n’était pas assez et afin de souligner la 5e édition du Cabaret, on nous proposait une sélection de classique trash présentés les années précédentes. Glorieux! Poursuivant la tradition, les blocs vidéos étaient bien entendu entrecoupés de numéros flamboyants exécutés par quelques drag-queens. On soulignera au passage une imitation assez loufoque de Dolly Parton.
S’ouvrant sur une cool ombre chinoise synthétisant le côté indiscutablement trash du célèbre film A CLOCKWORK ORANGE, il y avait visiblement de l’électricité dans l’air, tellement que le président et animateur Jarrett Mann aura fini par enlever son t-shirt pendant l’une de ses animations. Retour sur le Cabaret Trash, où des centaines de personnes étaient prêtes à connaître (ou subir, devrais-je dire) le summum du “brun”! Poursuivez la lecture à vos risques et périls!
Les trash de 2009
Il y en avait du contenu hautement trash cette année. Ça nivelait vers le bas sans retenue. Je me suis régalé devant NINJA ELIMINATOR II – QUEST OF THE MAGIC NINJA CRYSTAL par la bande de Roadkill Superstar. Suite de la fausse bande-annonce NINJA ELIMINATOR parodiant la vague de films de ninja des années 80, on nous offre ici plus d’action (avec des ninjas en patin à roulettes) et plus de dialogues intenses mais toujours aussi vide de sens. Du bonbon. Olivier A. Dubois faisait aussi dans le faux trailer avec FREAKY. Une femme soumise décide de mettre fin à sa vie médiocre en assassinant son chien de mari. Elle sera aveuglée par sa soif de vengeances et finira par s’en prendre à un peu tout le monde. Un clin d’oeil extrême au cinéma d’exploitation. Les amateurs de gore auront été assurément comblés par CHARDZ TO MIRROR de Éric Sénécal, dont les premières secondes rappelaient bizarrement GRACE. Du sang, du sang et encore du sang pour accompagner la musique (assez ordinaire) d’un groupe metal dont le nom m’échappe (désolé). Le maquillage du chanteur évoquait un joli croisement entre Toxic et Sloth des Goonies! Sur une note pas horreur du tout, je souligne le film de Lawrence Côté-Collins, UNE FEMME PAS COMME LES AUTRES, portrait d’une danseuse d’une éloquence inspirant le malaise. J’avais vu ce film lors d’un Kino et je peux vous dire qu’il a été beaucoup mieux reçu à SPASM. La foule a répondu au travail de la jeune réalisatrice par de chaleureux applaudissements. Pour ma part, j’ai beaucoup aimé LA RÉCÉRATION DU MIDI par Joël Vaudreuil. Une exploration de souvenirs d’enfance, avec une approche et un traitement pour le moins inusité, original et sans aucune censure. Poétique!
Notons que le prix du public a été décerné au film LES QUÉBECERS VS LES ZOMBIES 2. Ce dernier était amusant dans l’ensemble mais personnellement, j’ai trouvé que quelques gags tombaient à plat. J’suis snob… J’suis trash, mais snob!
Les classiques trash
Je ne peux évidemment pas tous les nommer parce que je sombrerais dans un état de débilité profonde, mais sachez qu’ il y avait quelques perles du mauvais goût à l’extrême lors de la présentation de plusieurs “désormais classiques” du trash. C’est en grimaçant de dégoût qu’on a pu rigoler avec les Phylactère Cola. On a pu goûter de nouveau au CAVIAR d’Izabel Grondin. On aura aussi eu droit au nombril saignant de Simon Lacroix avec un épisode de ESBARK. Joël Vaudreuil nous aura rappeler ce que sont les cinq sens avec son bizarre, tordu, macabre et jouissif DOCTEUR MAMELLE. Michael Jackson ce sera farcie une employée d’agence de voyage, gracieuseté de l’équipe de Dead Cat Films. La soirée a atteint le fond du baril en matière de bassesse humaine avec la vidéo NOUS D’EUX de Martin Dubreuil. À faire rougir de honte John Waters!
Anecdote trash
Histoire de rester dans la thématique, lors du trajet du retour, j’ai pu apercevoir dans une station de métro une fille masturber son petit copain dans un recoin plus ou moins discret. TRASH!
Mon âme est souillée à jamais…
Consultez tous nos billets concernant la 8e édition du Festival SPASM
[...] On aura également présenté deux courts du dernier Cabaret Trash. L’extrême et excessif FREAKY de Olivier A. Dubois ainsi que le prix du public, LES QUEBECERS vs LES ZOMBIES 2. J’en ai parlé ici. [...]
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