Bien que je connecte moins avec la science-fiction en général, le CYBERPUNK est un genre qui m’a toujours beaucoup attiré. Souvent en marge du cinéma populaire, il a tout de même su nous offrir quelques-uns des films les plus marginaux et novateurs qui soient. Mal connu du grand public, je me suis fait un devoir de concevoir le dossier qui suit sur le sujet.
Il n’existe pas de définition claire et précise du courant. C’est l’écrivain Bruce Bethke qui a popularisé l’appellation avec sa nouvelle intitulée CYBERPUNK publiée en 1983 dans un magazine d’histoires de science-fiction aux États-Unis. L’histoire évoluait autour d’un groupe de jeunes hackers dans une ville futuriste utilisant la technologie et Internet pour pirater ou falsifier des documents, des comptes de banque ou leurs bulletins scolaires. Plutôt réaliste aujourd’hui, mais à l’époque où Internet n’était qu’à ses premiers balbutiements, c’était plutôt visionnaire.
Le mot CYBERPUNK est en fait la contraction de deux mots: «cybernétique» et «punk». La cybernétique, par définition, est la science qui étudie les mécanismes de communication et de contrôle chez les machines et chez les êtres vivants. Le mouvement punk quant à lui prône une révolte contre les valeurs de base établies par la société. On obtient alors cet étrange sous-genre de la science-fiction où l’évolution flirte avec l’anarchie. Soit l’homme utilise la technologie à des fins différentes de celles pour lesquelles elle fut créée, afin d’engendrer le chaos, soit c’est cette technologie qui se révolte contre son créateur.
Suggestions de films pré-1990
- TRON (1982) – Réalisé par Steven Lisberger
Un designer/hacker se retrouve aspiré dans l’interface d’un ordinateur et devra se mesurer au programme de sécurité de celui-ci dans un jeu vidéo de type gladiateur.- BLADE RUNNER (1982) – Réalisé par Ridley Scott
L.A. 2019. Les humains cohabitent maintenant avec des «androïdes serviteurs». Un homme se voit contacté par les autorités avec comme mission d’abattre un groupe d’androïdes rebelle et meurtrier en cavale.- VIDEODROME (1983) – Réalisé par David Cronenberg
Le dirigeant d’une chaîne de télévision met la main sur une étrange et ultra-violente émission qui semble manipuler l’esprit des gens qui la regarde.
- TETSUO: THE IRON MAN (1989) – Réalisé par Shinya Tsukamoto
Un homme, après avoir tué accidentellement un «fétichiste du métal», est soudainement atteint d’une étrange maladie transformant son corps en morceaux de ferraille.
Le courant fut surtout en pleine effervescence dans les années 80 et 90, comme le témoignage d’une certaine réticence à la croissance rapide des nouvelles technologies d’information. Situé dans un avenir rapproché, il explore (souvent de manière pessimiste) le rôle de l’être humain dans un monde dominé par les machines. Plusieurs films du genre suggèrent même une transformation du corps de l’homme par le biais de la technologie, d’une manière non conventionnelle. Par exemple, des prothèses médicales deviennent esthétiques, voir même érotiques, dans CRASH de David Cronenberg. Le CYBERPUNK fait état d’un monde où l’homme est complètement dénaturé et où il n’aura bientôt plus sa raison d’être sans cette technologie.
L’esthétisme y est aussi toujours extrêmement important, les scénarios se déroulant la plupart du temps dans des environnements post-apocalyptiques. Les décors doivent être réalistes, même si on nage en pleine fiction. Les représentations d’éléments futuristes n’ont souvent rien à voir avec l’image aseptisé que l’ont peu s’imaginer de l’avenir, au contraire, puisque tout est plutôt pollué et malpropre. À la réalisation, on opte fréquemment pour un traitement monochromatique de l’image (souvent bleutée ou verdâtre) ou carrément noir et blanc afin de représenter une ambiance plutôt artificielle et austère.
Suggestions de films post-1990
- 964 PINOCCHIO (1991) – Réalisé par Shozin Fukui
Un androïde créé pour servir sexuellement ses maîtres est jeté à la rue suite à une défectuosité et se lie d’amitié avec une itinérante criminelle.- RUBBER’S LOVER (1996) – Réalisé par Shozin Fukui
Une organisation secrète mène de violentes expériences sur des sujets humains afin de faire naître des habiletés psychiques en eux.- DARK CITY (1998) – Réalisé par Alex Proyas
Un homme amnésique tente de percer les secrets de son passé et de sa ville où il fait toujours nuit et où d’étranges hommes d’affaires semblent contrôler les vies de tous les citoyens.- eXistenZ (1999) – Réalisé par David Cronenberg
Une designer de jeux vidéos virtuels se voit dans l’obligation de tester sa dernière création avec un autre homme afin de s’assurer que le jeu n’a pas été endommagé à la suite d’une altercation.
Nombreux sont ceux qui prétendent que le CYBERPUNK est un style mort aujourd’hui. La plupart des réalisateurs phares du genre ont maintenant évolué vers d’autres sphères et la menace des ordinateurs et des robots semble présentement chose du passé. Quoi qu’il en soit, le genre aura su jusqu’à maintenant alimenter notre imaginaire, que ce soit de manière fantaisiste ou horrifique!
J’aime beaucoup presque tous les cités ci-haut.
J’ai un titre qui me vient en tête et je me demandais s’il pouvait être considéré dans ce mouvement.Il s’agit du film HARDWARE?
Même si je ne connais pas le film, en lisant sa description il semble vraiment contenir tous les éléments requis!
J’ai trouvé un petit site vraiment bien qui répertorie tous les films du genre: http://www.cyberpunkreview.com/wiki/index.php?title=Cyberpunk_Movies
HARDWARE fait parti de la liste!
Super petit dossier. Tetsuo: The Iron Man c’est vraiment saisissant. Personnellement j’ai toujours adoré le mélange homme-machine. Assez pour m’essayer, sans moyen, à faire un film cyberpunk basé sur l’univers de Shadowrun. Si vous connaissez, vous pouvez faire un petit tour ici :
http://www.coursedesombres.com/
Budget de moins de 300$ oblige, ça manque cruellement de cybernétique visible et de scènes dans une cité du futur, ce que je vais corriger avec mon prochain film d’action sci-fi. Mais il y a quelques passes de hacking, haha.