Critique: Pontypool

pontypool-dvdRéalisateur: Bruce McDonald

Acteurs: Stephen McHattie, Lisa Houle, Georgina Reilly

Musique: Claude Foisy

Pays: Canada

Année: 2008

Durée: 96 minutes

Site Officiel

Hard Core Logo est un de mes films musical/documenteur préféré. Le responsable de cette production cinématographique est le même qui s’est retrouvé aux commandes de PONTYPOOL: Bruce McDonald. Ce dernier est à mon avis l’un des meilleurs réalisateurs indépendants canadiens contemporains. Lorsque j’ai appris qu’il adaptait un roman de Tony Burgess proposant une variante du zombie, je me suis empressé d’en savoir d’avantage! Présenté dans quelques festivals, le film a pu profiter au printemps dernier d’une sortie limitée au Canada anglais. Peu de temps après, on confirmait sa sortie DVD pour juillet. Difficile à trouver dans un club vidéo près de chez moi, je décidai d’en faire l’achat.

PONTYPOOL raconte l’histoire de Grant Mazzy (Stephen McHattie), un animateur radio vedette qui a été mis à pied par son ex-employeur puisqu’il a tendance à chercher la provocation lorsqu’il se retrouve derrière le micro. Il est donc à l’emploi d’une station de radio locale dans la ville de Pontypool en Ontario. Un matin de tempête de neige, Grant se rendra au studio de la station radiophonique (un sous-sol d’église). S’annonçant comme une journée des plus banales, Grant et sa petite équipe découvriront qu’ils auront à couvrir un événement beaucoup plus grave que de simples annonces au sujet de transports scolaires annulés.

grant-mazzy-point-72Ce qui est particulièrement réussi, c’est que ce huis-clos fait appel à la suggestion. L’horreur, sauf dans la dernière demi-heure, n’est que suggérée. Et ça fonctionne! Toutes les situations horrifiques sont décrites par des gens vivant les événements de l’extérieur. Tout se passe par la transmission radio et les outils de communications à la portée des personnages. L’une des premières interventions faites par le correspondant extérieur de l’équipe relatant un mouvement de protestation violent est incroyablement bien rendu. Il faut également souligner le travail de Stephen McHattie (c’est fou ce qu’il ressemble à Lance Henriksen) qui porte pratiquement le film sur ses épaules.

Comme je le disais plus haut, PONTYPOOL réussit également à revisiter le zombie de façon originale. La question que je me pose (toujours) est: Est-ce que original est synonyme de réussi? Plus ou moins. D’abord, le propos du film flirte avec la politique. Qu’on traite de politique ne me gêne pas du tout. Ce qui m’a agacé, c’est que je n’ai pas saisi l’intérêt de faire référence au “séparatistes” québécois dans un scénario assez bien ficelé. L’animateur se faisant interviewé par un type de la BBC lui demande si les actes violents perpétrés par les gens de la villes sont ceux de séparatistes terroristes? Est-ce que l’auteur a voulu souligner que les autres nations ne saisissent pas vraiment cet épisode politique moins présent mais encore sensible. Fait-il allusions aux événement des années 70? Était-ce de l’humour? Autre petit bémol, le personnage campé par McHattie et celui de sa productrice Sidney (Lisa Houle) ont un échange de plusieurs minutes dans la langue de Molière. Il aurait fallu que l’on fasse un petit effort pour que la conversation ressemble à du vrai français. Je devais parfois lire les sous-titres anglais pour comprendre ce qu’ils disaient. C’est un détail, mais il est assez important à mon avis.

laurel-ann-2-72La dernière partie de film comporte une scène en particulier qui est suffisamment marquante et qui a tout pour se retrouver dans ma liste de scène les plus angoissantes et dégoûtantes que j’ai eu l’occasion de voir. En revanche, l’arrivée du personnage du Docteur Mendez, qui arrive avec son explication de la situation, aurait pu être présenté autrement. Sans rien enlever à son acteur, le personnage aurait pu en rester au stade de l’évocation du début. D’ailleurs sa survie aurait du être justifiée par une explication quelconque.

Je suis légèrement embêté. Suite au visionnement de PONTYPOOL je demeure perplexe. Le film aura séduit plusieurs cinéphiles et critiques pour diverses bonnes raisons. Pour ma part, le plus récent long métrage de Bruce McDonald me plonge au coeur d’une réflexion qui ne semble ni pencher vers du positif, ni vers du négatif. Je ne suis pas non plus resté indifférent, bien au contraire. Malgré ma cote “divisée”, ce film singulier mérite l’attention des plus curieux et de ceux qui aiment se faire proposer des alternatives intéressantes.

La bande-annonce peut être vue ici.

PONTYPOOL obtient la sinistre cote de

Facteur Gore

Partagez
  • Digg
  • del.icio.us
  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • MySpace
  • Twitter
  • email

Une réponse à “Critique: Pontypool”

  1. [...] (S, H, O) 5 – THE CHILDREN (H, O) 6 – THIRST (S, H) 7 – DEADGIRL (S, H) 8 – PONTYPOOL (H, [...]

Réagissez