Réalisateur: Patrice Sauvé
Scénariste: Frédéric Ouellet
Acteurs: Marc Messier, Normand Daneau, Fanny Mallette
Musique: Normand Corbeil
Pays: Québec
Année: 2009
Durée: 106 min.
Après deux saisons à la télévision, GRANDE OURSE a fait une apparition au grand écran le printemps dernier avec LA CLÉ DES POSSIBLES. Mélangeant habilement fantastique, insolite, humour et comparable au style de TWIN PEAKS, la première saison (je n’ai toujours pas vu la deuxième) m’avait fort diverti. Pour les non-initiés, Grande Ourse est le nom du village où se déroulent les événements étranges et inquiétants de la série. Inutile de chercher plus loin pour un lien entre le film et la série. Mis à part quelques références aux principaux personnages, il n’est pas nécessaire d’avoir vu les 20 épisodes des deux saisons pour apprécier le film.
Avec GRANDE OURSE: LA CLÉ DES POSSIBLES nous retrouvons donc avec bonheur Louis-Bernard Lapointe (Marc Messier), Biron (Normand Daneau) et Gastonne (Fanny Mallette) qui seront mêlés à une histoire de sorcières fantomatiques et d’univers parallèles. Afin de sauver Biron mystérieusement enlevé par La Centenaire (Monique Mercure), Lapointe devra accéder à un monde parallèle afin de mettre la main sur la Clé de Possibles qui ouvre à son détenteur un univers où toutes les possibilités de la vie semblent se réaliser.
Le film s’avère, en début de parcours, énergique et efficace. Le personnage de La Centenaire et de l’enfant qui l’accompagne sont franchement inquiétants. Ils rappellent étrangement les fantômes qu’on a pu voir dans les films japonais comme RINGU ou JU-ON. La comparaison ne va cependant pas plus loin. Ces personnages finissent par être mis à l’écart et c’est bien dommage. On accorde par la suite plus d’importance aux personnages de Charles et Christine Foucault. C’est là, à mon avis que le film perd toute sa saveur. On s’éloigne de la folie qui m’avait séduit dans la série. Bien qu’ils soient importants à l’intrigue du film, je suis resté totalement indifférent à leur histoire.
D’autre part la photo est très belle. L’idée, toute simple, de jouer avec les couleurs afin de différencier les deux mondes est efficace. La musique de Normand Corbeil, assez sobre, fonctionne bien. Écrit par Frédéric Ouellet et réalisé par Patrice Sauvé, le tandem responsable de la production télévisuelle nous offre une mouture intéressante, mais inégale d’un film qui n’a, mis à part les personnages principaux, aucun lien (enfin presque) avec la série. En résumé, la transposition cinématographique, quoi que divertissante, n’est pas à la hauteur de ce qu’on nous avait servi en format télévisuel. Le DVD offre de maigres suppléments plus ou moins intéressants.
En réfléchissant au film et à ce qui a pu être dit à son sujet, je me suis retrouvé avec un questionnement qui va au-delà de la critique d’un long-métrage. Au fond, ce qui m’embête, c’est que chaque fois qu’un film québécois jouissant d’un budget de production considérable flirte avec le fantastique ou l’horreur, on dit toujours que c’est le premier film du genre être réalisé. Faudrait peut-être changer de disque. Malheureusement, dans ces productions financées par le gouvernement, il me semble justement que l’on n’exploite jamais suffisamment le côté fantastique ou horrifique. Au Québec, pour être comblé en la matière, il faut se rallier au milieu indépendant et underground. Suis-je le seul à penser comme ça?
GRANDE OURSE: LA CLÉ DES POSSIBLES obtient la sinistre cote de
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Facteur gore
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