Critique: Carnivàle

carnivale-1Créateur: Daniel Knauf

Réalisateurs: Rodrigo García, Jeremy Podeswa, Jack Bender, Tim Hunter, John Patterson, Scott Winant

Acteurs: Nick Stahl, Clea DuVall, Clancy Brown, Michael J. Anderson

Musique: Jeff Beal

Pays: États-Unis

Année: 2003 à 2005

Durée: 24 épisodes (environ 54 min. par épisode)

Nous sommes en 1934 en Oklahoma, durant la Grande Récession. Ben Hawkins enterre le corps de sa mère dans un paysage désertique. Au milieu d’un nuage de poussière apparaît l’équipage étrange d’un cirque ambulant. Ben décidera de les suivre en tant qu’homme à tout faire et découvrira l’univers mystérieux du Carnivàle. Sa présence parmi eux ne semble pourtant pas dû au hasard. Ce dernier possède, tout comme certains autres membres du cirque, d’étranges habiletés qu’il devra maintenant apprendre à contrôler. Parallèlement, en Californie, un prêtre nommé Justin Crowe fait l’expérience, lui aussi, d’événements inusités lorsque les pêchés de certains membres de sa communauté se matérialisent en visions cauchemardesques. Bien qu’éloignés physiquement, Ben et Justin semblent liés l’un à l’autre au travers de rêves prophétiques à propos d’une apocalypse prochaine.

carnivale_poster_2C’est la prémisse de départ de CARNIVÀLE, une série produite par HBO et diffusée de 2003 à 2005. Avec des titres comme THE SOPRANOS, SIX FEET UNDER ou plus récemment TRUE BLOOD à son actif, il est normal aujourd’hui d’associer la chaîne de télévision avec qualité et succès. CARNIVÀLE n’échappe pas à cette règle, mais échappe souvent au radar de plusieurs. C’est la principale raison de ma critique aujourd’hui. Daniel Knauf en est le créateur et c’est lui qui aura imaginé les 2 saisons totalisant 24 épisodes de la série que l’on connaît aujourd’hui. Au départ, Knauf avait plutôt prévu l’histoire de CARNIVÀLE en 3 tomes, chacun comprenant 2 saisons. Malheureusement, le sort en a voulu autrement et la série fut annulée par HBO après la 2e saison; essentiellement à cause des coûts de production astronomiques (4 millions par épisodes) versus des cotes d’écoute de moins en moins satisfaisantes.

postcard_ep24_jonsey_angelsCe léger détail ne devrait empêcher quiconque de visionner ce bijou, et encore moins vous particulièrement, puisque CARNIVÀLE a tout pour plaire aux amateurs d’horreur et de fantastique. Très dense d’un point de vue mythologique et superstition, la série a effectivement su me donner plusieurs frissons. Une voyante catatonique voilée lira votre avenir dans un coin sombre. Une créature mystérieuse constamment cachée derrière un rideau contrôlera vos faits et gestes. Un prêtre rédempteur vous donnera un avant-goût de l’enfer. La série n’est définitivement pas destinée à un large public. Plusieurs critiques lui ont reproché sa complexité et son ambiguité. Ce sont ces mêmes caractéristiques qui ont fait en sorte que je l’ai adorée. En laissant place à interprétation, on crée dans ce cas-ci un mystère supplémentaire qui cadre trop bien avec l’ambiance générale de la série… et on veut toujours en savoir plus! Malheureusement, pour beaucoup de spectateurs en Amérique du Nord, écouter une série est souvent synonyme de «mettre son cerveau et son imagination à off», le temps d’une heure. Si c’est aussi votre cas, CARNIVÀLE n’est pas pour vous.

postcard_ep24_sofie_fieldVisuellement parlant, tout le monde s’entend pour dire que c’est franchement réussi. Bien qu’on focusse surtout ici sur le fantastique, les créateurs n’ont pas lésiné à reproduire le plus fidèlement possible l’époque qu’on appelle les « Dirty 30’s ».  En effet, l’Oklahoma et plusieurs régions avoisinnantes ont été marquées au début des années 30 par de sévères tempêtes de vent et de sable principalement causées par de grandes vagues de sécheresse additionnées de mauvaises techniques d’agriculture. En plus du climat de récession reignant, au final on obtient un monde où tout est sale et en décomposition. Le réalisme du décors rend le surnaturel encore plus crédible. La réalisation est franchement superbe et nous offre à chaque épisode des images à couper le souffle. L’interprétation de l’ensemble de la distribution aussi est extrêmement convaincante. Que ce soit Nick Stahl (TERMINATOR 3) dans le rôle de Ben Hawkins ou Clea DuVall (plus que prète pour un premier rôle au cinéma) dans celui de Sophie en passant par Clancy Brown (peu connu à l’époque) en Father Justin. Ils nous y font tous croire. Notons aussi la présence d’une femme très respectée dans le monde de l’horreur, Adrienne Barbeau (THE FOG, CREEPSHOW) dans le rôle de Ruthie, la charmeuse de serpent d’âge mûr mais toujours aussi sexy. On sent une forte chimie opérer dans l’ensemble de la distribution qui nous permet de nous attacher encore plus aux personnages.

carnivales2pic3bigC’est l’habile mélange de mystère, d’horreur et d’occultisme qui a fait en sorte que CARNIVÀLE est devenue pour moi une série culte incontournable. Notre attention est constamment suscitée et renouvelée par l’intrigue. La saison 1 développe bien les personnages et met en place les éléments de l’intrigue principale tout en nous faisant connaître un peu mieux l’univers de ceux que l’on surnomme les « carnies » au travers d’anecdotes complètement surréalistes. La saison 2, quant à elle, vient boucler l’intrigue initiale de façon magistrale en concluant avec une fin ouverte de type « coup de poing dans vos dents » que vous n’oublierez pas de si tôt. Impossible ici de rester insensible. Bien que beaucoup d’éléments restaient à explorer ou même à clarifier dans les saisons à venir, ne vous privez pas du privilège de visionner CARNIVÀLE 1 et 2, si ce n’est déjà fait. Dans mon cas, je sais que la série me hantera pendant longtemps encore…

Site officiel (choisissez États-Unis)

CARNIVÀLE obtient la sinistre cote de

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Facteur Gore

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3 réponses à “Critique: Carnivàle”

  1. Sinistre says:

    Bravo! Belle critique! Je suis, tout comme Herodias, un fan inconditionnel de cette série. CARNIVÀLE est pour moi ce que j’ai vu de mieux depuis très longtemps! Cette série m’a profondément marqué.

    Bien que certains épisodes contiennent des éléments horrifiques, je considère d’avantage l’ensemble comme une oeuvre fantastique. J’aime beaucoup la comparaison qu’on a fait afin de présenter la série: “Si John Steinbeck avait rencontré David Lynch… ”

    Il faut également souligner le travail musical absolument fabuleux du compositeur Jeff Beal. Je vous suggère fortement de ré-écouter des extraits. Le thème de Father Justin est époustouflant. Les notes répétées à la trompette résonnent encore dans mes oreilles. Le mélange de musique folklorique et orchestral est superbe.

    A propos de la distibution, j’aimerais seulement préciser que Clancy Brown qui incarne Father Justin a du métier puisqu’il incarnait “The Kurgan” dans Highlander. On a pu l’apercevoir également dans Pet Semetary 2. Il avait aussi interprété un personnage assez inquiétant dans un épisode de la série Tales Form The Crypt. Enfin, son personnage dans CARNIVÀLE est tout simplement hallucinant!
    On avait pu apprécier Clea Duvall au cinéma dans The Faculty (dans un rôle de soutient). Elle est également du remake américain du film Ju-On, The Grudge. Plus récemment, elle était de la série Heroes. Notons aussi la présence de Michael J. Anderson dans le rôle de Samson, que les fans de la série Twin Peaks connaissent déjà très bien.

    Ce récit télévisuel illustrant un combat entre le bien et le mal est effectivement une formidable réussite.

  2. Herodias says:

    Merci Sinistre!

    Tu fais bien de commenter la trame sonore, un aspect qui m’échappe trop souvent lors du visionnement d’une série ou d’un film. Je sais par contre qu’un travail exceptionnel a été réalisé de ce côté, ayant lu d’excellents commentaires.

    J’adore Clea DuVall et ce depuis ses débuts. Je trouve malheureux qu’elle obtienne toujours des rôles secondaires au cinéma et j’étais bien content de la voir un peu plus en avant plan dans CARNIVÀLE. Quant à Clancy Brown, j’aurais effectivement dû mentionner ces rôles! Bref, la distribution est excellente et on aurait pu en parler pendant encore très longtemps…

    Écoutez CARNVÀLE! ;)

  3. MartinB says:

    Holy crap! C’est si bon que ça?

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