
Il arrive, de temps à autre, qu’un film prenant l’affiche soit une version revisitée d’un film existant. Dans la plupart des cas, le titre repris avait été tourné originalement des années auparavant. C’est ce qu’on appelle, en bon français, un remake. Il peut arriver qu’un remake apporte quelque chose d’original, ou tout simplement, propose une vision intéressante d’une œuvre existante. Selon l’humble avis de votre serviteur, cette situation est plutôt rarissime. Reprendre un film de temps à autre, ça peut toujours aller. Ce qui fascine et dérange légèrement…un peu…trop, c’est que dans le monde du cinéma de genre, la pratique du remake est devenue quasiment systématique chez nos voisins du sud. Le remake s’est répandu tel une maladie.
Analyse subjective d’un phénomène pandémique…
Une pratique tentaculaire
La pandémie est un mot bien à la mode ces temps-ci! Les médias se sont appropriés le terme rapidement. Dès qu’un nouveau virus apparaît et qu’il peut y avoir des répercussions inquiétantes, nous nous faisons bombarder de “pandémie par ci, pandémie par là” dans les journaux, à la radio, sur le web et à la télé. Cela démontre bien à quel point les médias savent qu’ils auront l’attention du public en exagérant et en dramatisant par la peur. Cette façon d’informer doit donner un sérieux coup de pouce aux cotes d’écoute, si importantes, dans cette guerre des réseaux d’informations!
Tout aussi à la mode, le remake, quant à lui, pourrait bien être qualifié, à juste titre, de “pandémique”. Dès qu’un film de genre de provenance internationale connaît un certain intérêt, il est refait par les américains. Si ce n’est pas un film étranger, le besoin de reproduire une œuvre cinématographique sera incontrôlable. Pour soulager l’envie, on pigera dans le catalogue de ce qui a déjà été fait par le passé.
Une pratique pertinente?
Suite à la sélection des titres qui figurent dans ce dossier, Sinistre s’interroge toujours sur la pertinence de reproduire tous ces films. Particulièrement les films qui nous proviennent d’un peu partout sur la planète. Est-ce que le “grand public” nord américain est incapable d’apprécier un film étranger? S’intéresse-t-il à savoir si ce qui lui est proposé est une œuvre originale? Sauf pour des raisons évidentes de profits, quelles sont les autres raisons de vouloir s’approprier toute ces productions?
Cette manie se retrouve-t-elle dans différentes sphères artistiques? Bien sûr, en musique, il y a la reprise de chansons. On enregistre parfois, paresseusement, un album de reprises. Le chanteur Sylvain Cossette en sait quelque chose… En revanche, jusqu’à ce jour, il semble que personne n’aurait refait un album des Beatles. Pareil en littérature. Imaginez le ridicule: “Cette semaine en librairie, L’étranger ré-écrit par Daniel Pennac“. Si une œuvre visuelle, tel un tableau de DeVinci est reproduite, on parle de contrefaçon.
Au théâtre… Oui d’accord, le théâtre. Les pièces sont souvent reprises, c’est bien vrai! Le texte peut être traduit, adapté, joué et rejoué par diverses compagnies théâtrales. Il y a tout de même quelque chose de différent. Tout comme les orchestres, qui jouent la même symphonie de Beethoven depuis des siècles, ce sont des œuvres uniques, certes, mais qui ont été écrites dans le but d’être interprétées. La partition musicale est unique. Personne ne la ré-écrit. Elle est cependant jouée et rejouée continuellement. Cela pousse à se pencher sur la question. Une œuvre cinématographique devrait-elle être considérée comme une partition musicale? Est-ce que le fait de reprendre autant de productions d’horreur veut dire que le cinéma de genre n’est pas considéré à sa juste valeur? Oserait-on refaire un film de Chaplin?
Il est vrai que certaines histoires bénéficient, par le biais du remake, d’une cure de rajeunissement ou offrent alors une nouvelle proposition intéressante. Par exemple, certaines adaptations tirées de romans jouissent, de temps à autre, d’une vision rafraîchissante combinant talent et prouesses techniques. Certains films, originalement plus ordinaires ou mal reçus au moment de leur sortie, sont redécouverts suite à un remake.
En revanche, il est important de souligner qu’il s’agit de cas d’exceptions et que, très souvent, le remake sert rarement la cause du cinéma de genre. Il serait plutôt juste de croire que l’argent investi dans la redite aurait pu servir à mettre au monde une œuvre ne serait-ce un peu plus originale, singulière ou fabuleuse, qui ne verra possiblement jamais le jour…
Voici une liste de films du cinéma de genre qui ont eu droit à un ou plusieurs alter ego.
Il est important de préciser que la liste des titres suggérés n’est pas exhaustive. Veuillez prendre note que dans ce premier dossier, les remakes qui s’avèrent être honnêtes ou appréciables selon Sinistre sont identifiés en rouge.



Le bon vieux remake
Généralement sans grande originalité, le remake n’offre rien d’extraordinaire. Assez banal, sans saveur et probablement tourné sans grande conviction, il est plus souvent qu’autrement un produit de consommation jetable.
Prochainement sur vos écrans
Voici ce qu’on annonce dans les mois et années à venir.
Halloween 2 – Hellraiser - Nightmare on Elm Street – The Crazies -
The Wolf Man – Pirhana 3D – Fright Night


Ringu The Ring Rec Quanrantine
Les oeuvres internationales
Plusieurs films asiatiques sont repris depuis quelques années. Désormais, les producteurs américains font preuve d’une grande ouverture sur le monde.
À venir
Let The Right One In – Timecrimes
Le “serial remake”
Certains titres ont été repris à plusieurs reprises et ont parfois même été servis à toutes les sauces. Sinistre Blogzine les nomme affectueusement serial remake.
Tiré du roman paru en 1954 I Am Legend de Richard Matheson, The Last Man on Earth mettant en vedette Vincent Price sera la première adaptation cinématographique d’un récit fort intéressant. Réalisé en 1964, il sera repris une première fois 7 ans plus tard. Charlton Heston tiendra alors la vedette de Omega Man en 1971. Plus récemment, Will Smith incarnait Robert Neville dans la production portant le titre du roman.
Variation sur le même thème
Le récit de Matheson aura fait des petits. Dans le cas de 28 Days Later de Danny Boyle, on ne s’en plaindra pas.
Ayant été refait trois fois, ce drame mélangeant habilement horreur et science-fiction est un habitué du remake. La version de 1978 réalisé par Philip Kaufman est assurément la plus angoissante. La variante de 2007 mettant en vedette Nicole Kidman et Daniel Craig, a souffert, selon la rumeur, d’une mésentente entre le studio et le réalisateur Oliver Hirschbiegel, qui aurait claqué la porte avant la fin du tournage.
Autres “serial remakes”
Le clone
Variante du remake
Pratique fort populaire, les majors ont abusé (et abusent toujours) du sequel. Il n’y a qu’à penser à SAW qui en sera au 6e volet sur une échelle de…5 ans! Pour pallier à ces abus qui finissent par ennuyer le public, le sequel a été habilement remplacé par le prequel. Pas bêtes, les gens du marketing…

La reine du remake
Sinistre profite de son dossier pour décerner le titre de reine du remake à Naomi Watts pour sa participation active dans le monde du remake:
Ringu – King Kong – Funny Games et possiblement The Birds, dont le projet est prévu pour 2011.
En y réfléchissant bien, Sinistre réalise qu’au fond, les grands gagnants dans toute cette histoire, ce sont les studios américains. Tous ces remakes font l’objet de campagnes de promotion intéressantes, sont critiqués par les médias et reçoivent beaucoup d’attention et deviennent rentables. Enfin la seule chose qui est importante, c’est de ne pas perdre de vue les oeuvres originales. Ces films sont souvent de qualité supérieure et ne doivent pas sombrer dans l’oubli.
[...] y a deux semaines, Sinistre Blogzine présentait son premier dossier traitant du phénomène des remakes. En voici justement un, remake, dont la sortie DVD
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