
Réalisateur: Martin Weisz
Acteur: Keri Russel, Thomas Kretschmann
Musique: Steven Gutheinz
Année: 2006
Pays: Allemagne
Durée: 84 minutes
Inspiré d’un fait vécu, Grimm Love est un film qui vient de paraître en DVD, du moins, au Québec. Histoire horrible et troublante qui s’est réellement produite en Allemagne au début du nouveau millénaire, Martin Weisz avait plusieurs ingrédients pour faire de ce film une réussite. Malheureusement, il y parvient seulement en partie.
Film glauque, s’il en est un, Grimm Love relate la véritable histoire d’un homme qui s’est fait arrêté en 2001 pour cannibalisme. Fait encore plus inquiétant: la victime était consentante à être dévorée…vivante. Les deux hommes se seraient contactés par le biais d’un site traitant de cannibalisme sur internet.
Weisz, issue du clip et de la pub, choisi donc ce fait divers pour créer sa première oeuvre cinématographique. Film crescendo au rythme assez lent, il choisit de nous relater les faits à travers les yeux d’une étudiante en criminologie (Keri Russell), qui devient au cours de ses recherches, de plus en plus obsédée par Oliver, qui, quelques années plus tôt, aura été emprisonné pour cannibalisme.

Grimm Love, qui aborde aussi le thème de l’homosexualité sans pudeur (ce qui est rare dans le cinéma d’horreur) est malheureusement entrecoupé d’innombrables flash back relatant, de l’enfance à l’âge adulte, les éléments perturbateurs du dit cannibale. Comme si l’on tenait trop à justifier les motifs de ses gestes que notre société considère comme étant atroces et répugnants. Ce qui agace, c’est qu’il est difficile de savoir s’il s’agit de faits réels ou de fiction. Dans le 2e cas, ce serait dommage, puisqu’on tombe dans la psychologie facile de la justification.
Bien que le jeu des comédiens soit bien, la direction d’acteurs semblent malhabile par moment. Weisz a cherché à nous faire sentir de la compassion pour le bourreau et sa victime. La scène finale est digne des grandes tragédies grecques. Il n’y a pas d’autre voie possible pour les protagonistes.
Le film possède plusieurs qualité, mais tombe dans le piège du flash back et de la justification. Le fait que l’histoire nous soit raconté par un personnage extérieur et très discutable. Grimm Love (portant aussi le titre Rohtenburg) subira l’inévitable comparaison au film The Silence of The Lambs ainsi qu’à son personnage: Hannibal Lecter.
Ce qui est le plus troublant, c’est l’horreur véritable qui est autour de nous, dans notre quotidien. Ce genre d’histoire nous fait sérieusement réfléchir sur nos moeurs et notre moralité.
GRIMM LOVE obtient la sinistre cote de
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Facteur Gore
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J’ai visionné aussi le film et je suis vraiment en accord avec ta critique.
La narration n’apporte rien à l’histoire, sinon de nous permettre de voir les flashbacks (trop nombreux) concernant la vie de nos deux protagonistes.
J’ai trouvé son classement exagéré. Le film est classé 18 ans et + dans la majorité des pays, ce qui suggère des scènes plutôt intenses, non? Le propos du film est certainement délicat, mais la violence y est surtout suggérée. Quant à l’érotisme, je suis perplexe aussi… Pour avoir sous-classé The Exorcist à 13 ans + il y a quelques années, je trouve la Régie du Cinéma québécoise soudainement puritaine!
J’ai par contre apprécié l’esthétique général du film plutôt glauque comme tu le mentionnais! Au final, malheureusement, je n’en retiens rien sinon que les gens ayant eu une enfance malheureuse sont prédisposés au cannibalisme?